mardi 1 janvier 2008

Le budget (par Hervé)

Pas mal de gens croient qu’il faut un budget colossal pour se permettre ce genre de périple. Cela dépend bien entendu du trajet que vous voulez faire et du temps que vous restez dans les pays sans oublier votre mode d’hébergement.

Pour des raisons purement économiques, nous avons choisi l’option Sac à Dos – Auberge de Jeunesse même si nous nous adapterons aux réalités économiques des pays. En ce sens, rester peu longtemps dans des pays chers (ex : Australie, Nouvelle Calédonie, Nouvelle Zélande) et un peu plus longtemps dans des pays moins chers (Thailande, Chili, Pérou) est déjà une première méthode.

Ensuite, il faudra savoir se restreindre concernant la nourriture ou l’hébergement dans les pays onéreux pour se lâcher un peu plus dans les autres…

Sinon, nous sommes partis sur un budget inférieur à 10 000 €/ pers.

En comptant 4500 € pour les billets d’avion (les premiers pass commencent à 2000 € mais nous faisons, mine de rien, tous les continents sauf l’Afrique et puis un Paris- Sydney ou un Paris-Tahiti coûte à lui seul 2000€…), 1000 € de préparatifs (pensez à faire vos achats pendant les soldes et pas 2 jours avant, vous économisez énormément) et 4000 € de dépenses liées au voyage en lui même (transport, hébergement, nourriture, activités).

Cela peut faire cher certes mais tout est une question de choix. Combien avez vous mis par exemple dans l’achat de votre dernière voiture ? Allez soyez honnêtes. Un livre disait : « vendez votre voiture et partez en Tour du Monde » c’est un peu vrai…

Les préparatifs (par Hervé)

Attention : personnes désorganisées s’abstenir ! On ne part pas en Tour du Monde comme cela ! Il faut penser à tout et de surcroît à l’avance ! S’imaginer dans les pays une fois sur place et voir ce dont nous aurions besoin.

La tâche n’a pas été facilitée par le fait que nous ne revenions pas en France après notre périple mais avec une arrivée directe au Canada pour 8 mois sans retour par Paris. La complexité de la tâche a été triple avec dans l’ordre et le désordre :

- préparer le Tour du Monde (sélection des destinations et des modes de transport, réservation des billets, assurance voyage, vaccination, visas, permis de conduire international, achat du matériel, des sacs à dos, création du blog…)

- préparer l’arrivée au Canada (demande des permis de séjour, renseignements sur les petits boulots, les appartements, les banques, le modèle de sécurité sociale, assurance rapatriement, hospitalisation, se mettre d’accord avec le club de rugby, préparer l’envoi et la livraison des bagages…)

- préparer le départ de France (travail, déménagement, stockage des meubles, vente des voitures, résiliation ou suspension auprès des banques, opérateurs téléphoniques, complémentaire santé, courrier auprès des impôts, de la sécurité sociale pour avertir de la nouvelle situation, procuration pour les votes, la banque sans oublier un check-up complet de la santé –dents, oeils, prise de sang, grains de beauté…)

Tout cela bien sur en même temps et en continuant le boulot… Et encore, même avec 1 mois et demi de préparatifs sans travail, nous finissons juste juste !Autant vous dire que nos journées et week-ends étaient bien remplis plus de 5 mois avant le départ ! L’élaboration de listes est nécessaire pour ne rien oublier (cf photo).

Cela donne des journées bien sympas passées chez votre médecin ou votre dentiste, avec un petit détour par la mairie ou la préfecture, sans oublier la poste ou votre voyagiste, avant de rentrer faire vos cartons…

A cela s’est rajoutée la donnée émotionnelle très forte de quitter nos êtres chers et tant aimés que ce soit la famille ou les amis pendant un an. Au fur et à mesure que le départ se rapproche et que la pression monte (un petit peu stressant quand même d’être sûr de ne rien avoir oublié), nous avons essayé de voir tout le monde (et désolé encore à ceux que nous n’avons pas pu revoir à temps) lors d’un dernier repas, un dernier verre… Des au revoir très touchants où les gorges se serrent, les yeux s’embuent de larmes…

Aussi bizarre que cela puisse paraître, nous avons eu beaucoup de mal à nous projeter sur le voyage. Trop occupés à ces satanées démarches administratives et autres tâches pour quitter la France ? sans doute… Mais encore un conseil : soyez bien organisés et préparez cela bien à l’avance…

Le mode de transport (par Hervé)

Alors là sur ce point ce fut un véritable casse-tête ! OK pour aller dans tels pays mais où exactement et comment ? Avion, Bus, Train, Voiture de Location, Pied, Cheval ?

Pour les billets d’avion, il vous faut savoir que des alliances de compagnies aériennes internationales ont été crées (il s’agit de StarAlliance et OneWorld) afin de proposer des pass Tour du Monde assez pratiques et relativement peu onéreux. Le système est simple : vous choisissez votre périple de ville en ville avec des dates plus ou moins prédéfinies et on vous propose des billets reliant ces villes avec possibilité de changer les dates en fonction des places disponibles.

Exemple : vous avez choisi un Sydney-Nouméa pour le 13 Février. Si vous voulez rester plus ou moins longtemps en Australie par rapport aux choses à faire, la météo, etc… vous pouvez modifier votre billet en partant avant ou après la date du 13 février…Nickel ! et ce pour tous vos billets.

Par la suite, il a fallu choisir les destinations à l’intérieur de chaque pays afin de savoir par quel moyen les relier en fonction du temps et du coût du trajet.

Direction donc la librairie avec l’achat des Lonely Planet (l’équivalent des Petits Futés ou Guides du Routard mais en mieux) et une bonne partie de nos vacances d’été passées dans ces guides pour élaborer notre carnet de route précis avec les endroits que nous voulions visiter, le temps que cela prendrait et les moyens de transport intra pays choisis. Un vrai casse tête. En ce sens, l’élaboration d’un échiquier temporel (voir photo ci-jointe et attention les droits sont déposés !) a été bien pratique pour tout faire rentrer dans nos 3 mois.

Après des semaines de réflexion et d’étude, nous savions ce que nous voulions aller voir et par quels moyens. Cela nous a permis de déposer une demande précise pour les billets d’avion mais aussi de réserver une voiture pour la Nouvelle Zélande. Le reste se fera en bateau pour la Nouvelle Calédonie, en Bus pour le Pérou avec des vols intérieurs pour des destinations longues comme le Sydney-Ayers Rock ou le Santiago-Ushuaia.

Le choix des destinations (par Hervé)


Ce n’est pas tout de vouloir partir visiter ce qui nous semblait être les destinations dans le monde les plus féeriques ou les plus mystérieuses pour chacun d’entre nous, encore fallait-il les choisir et se mettre ensuite d’accord dessus.

Cela fut chose finalement assez facile pour le choix commun des destinations. Nous sommes partis sur la sélection de 2 continents – compte tenu de la durée du voyage- et quelques pays phares sur ces continents. Chacun de nous a mis séparément cela sur papier sous forme de classement avant de les mettre en commun. Je me suis dit : « On va s’étriper avant même de partir, chacun ayant choisi des continents et pays totalement différents…».

Que Nenni ! L’Océanie et l’Amérique du Sud ont été retenus en première position avec pour chacun des continents l’Australie, la Nouvelle Zélande, l’Iles de Pâques, le Chili et le Pérou comme pays en commun ! Parfait ! La « carcasse » de notre voyage venait d’être établie !

Nous y avons rajouté une petite île paradisiaque en Océanie (ce fut la Nouvelle Calédonie avec paraît il ses plus belles plages – au détriment des iles Samoa ou Tonga). L’opérateur par lequel nous sommes passés nous a par la suite proposé une petite escale à Tahiti (qu’on aurait été bêtes de refuser) ainsi qu’un stop entre Paris et Sydney avec au choix Bali, Bangkok ou Hong Kong. La Mousson s’abattant sur Bali en cette époque de l’année, nous avons fait le choix de Bangkok au détriment de Hong Kong.

Les destinations de notre voyage étaient ainsi établies. Vous en avez le détail complet ci-après.

L’idée de faire un tour du Monde … (par Hervé)

L’idée initiale n’est pas de moi car c’est quelque chose qui ne m’avait jamais traversé l’esprit. Mais elle est la conséquence d’un projet personnel qui consistait à quitter la France pour aller vivre au Canada. Explications…

En fait, depuis un voyage au Canada en Février 2004 chez un de mes meilleurs amis, j’étais fasciné par ce pays, les gens qui l’habitent et l’atmosphère qui s’y dégage. Je m’étais promis d’y revenir un jour y séjourner quelques mois afin de tenter une aventure sur le plan humain, culturel et sportif .

Un ensemble d’événements personnels, professionnels et sportifs ont fait que fin 2006, je prenais la décision de tout quitter (ou du moins tout suspendre) et de partir pour l’ensemble de l’année 2008 au Canada.

A cette époque, mes relations avec Cécile étaient plus ou moins instables et je lui avais fait part de mon envie de réaliser ce rêve. Elle m’a fait comprendre par la suite qu’elle était prête à tout quitter pour me suivre dans l’aventure, chose qu’après mure réflexion, car signe d’engagement certain, j’ai accepté. Et le Tour du Monde dans tout cela me direz-vous ?

L’idée était un rêve que semble-t-il Cécile avait depuis très longtemps… mais dont j’ignorais totalement l’existence jusqu’au jour où un matin en prenant tranquillement un café avant de partir au travail, elle me dit comme ça : « J’ai toujours eu envie de faire le tour du monde. A tout quitter, est ce que cela ne te dirait pas de partir un an à travers plusieurs pays avant d’arriver au Canada ? ». Je me souviens, moi qui mets habituellement 3 heures à choisir une boite de petits pois dans un magasin, avoir continué à remuer le sucre dans mon café, impassible, puis avoir dit « oui » le plus naturellement possible comme si elle m’avait demander d’aller chercher du pain pour midi…

J’ai simplement mis un bémol sur la durée du séjour car partir un an imposait d’un point de vue financier de travailler dans les pays, donc de s’y installer un minimum. De plus, je sentais que l’envie de partir au Canada était pressante– je ne voulais pas que cette dernière s’essouffle ou remplacée par d’autres comme de rester dans les pays visités - et la saison rugby (dans la mesure où j’avais un trouvé un club sur Montréal) démarrait en Avril-Mai. On a donc coupé la poire en 2 ou plutôt en 4 en partant 3 mois en Tour du Monde. Ce qui du coup, ne nous imposait pas d’y travailler mais d’y aller en vrais touristes et d’arriver au Canada pour le début de la saison sportive. Et aussi, critère primordial pour Cécile, arriver après la saison des –50 °C et voir poindre des températures un peu plus raisonnables…

Ainsi, mon café à peine refroidi par ces minutes de discussions, la décision était prise de partir 3 mois en Tour du Monde début 2008 et de nous installer pour le reste de l’année sur Montréal. Nous avons topé là. Cécile était ravie car son rêve allait se réaliser. Pour ma part, c’est une fois dans la voiture pour aller au travail que je me suis dit : « Hervé, qu’est ce que t’es en train de faire ? T’es complètement malade ? Tu viens d’accepter de partir faire un tour du Monde ! ». Mais jamais je ne revins sur ma décision et j’en suis bien le plus heureux… et cet instant restera à jamais gravé dans ma mémoire.